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        Juillet-août : pendant que la République prend des vacances, les pirates restent connectés



        CYBERSÉCURITÉ — Juillet, août : les élus lèvent le pied, les agents prennent quelques jours de repos, les services administratifs tournent au ralenti, voire ferment temporairement et certaines mairies affichent leurs horaires d’été ,voir fermes. 

        Dans les préfectures, les collectivités, les services de l’État et jusqu’à l’Assemblée nationale, le rythme institutionnel ralentit. 

        Une tradition estivale parfaitement légitime. 

        Sauf qu’il existe un détail que le calendrier républicain semble avoir oublié , les cybercriminels ne partent pas en vacances. 

        Pendant que les uns cherchent l’ombre d’un cocotier, les autres cherchent celle d’une faille informatique. 

        Et le pirate, contrairement au fonctionnaire, ne pose pas de congé annuel. 

        Il travaille même lorsque la moitié du bureau est en maillot de bain. 

        Une mairie fermée au public ne signifie évidemment pas que ses serveurs sont fermés. 

        Les systèmes d’état civil, les finances, les messageries, les logiciels métiers, les comptes administrateurs et les données des habitants continuent de fonctionner. 

        Il suffit parfois d’un compte oublié, d’un mot de passe compromis, d’une mise à jour repoussée ou d’un courriel piégé pour transformer une paisible matinée d’août en cellule de crise. 

        Imaginez la scène : 10 h 03, la mairie est presque vide , 10 h 04, l’ordinateur refuse d’ouvrir les dossiers , 10 h 05, quelqu’un demande si « redémarrer la machine » pourrait régler le problème.

         Le pirate, lui, est probablement déjà passé à l’étape suivante. 

        Cette vulnérabilité ne concerne pas uniquement les grandes administrations parisiennes. 

        Les communes, les communautés d’agglomération, les établissements publics et les services déconcentrés de l’État sont eux aussi des cibles potentielles. 

        Et les petites collectivités ne disposent pas toujours des mêmes moyens humains, financiers ou techniques pour prévenir et absorber une attaque.

         Une mairie peut être petite sur la carte et gigantesque dans la quantité de données qu’elle détient. 

        Nom, adresse, état civil, informations administratives, factures, dossiers professionnels , le trésor numérique communal n’a parfois rien d’un coffre-fort poussiéreux. 

        Il est connecté à Internet, ce qui est nettement plus pratique pour les habitants et malheureusement pour les attaquants. 

        Dans les territoires ultramarins, notamment dans les communes de Guadeloupe, Martinique et autres cette question mérite également une vigilance particulière. 

        Les distances, les contraintes logistiques et la dépendance croissante aux services numériques rendent la continuité informatique encore plus stratégique. 

        Un service public peut fermer son guichet quelques jours , il ne peut pas se permettre de fermer les yeux sur ses systèmes. 

        Même logique pour les services de l’État , une administration en effectif réduit doit anticiper les alertes, maintenir les dispositifs de surveillance et savoir qui intervient lorsqu’un incident survient. 

        Car une cyberattaque ne téléphone pas à l’accueil pour demander si le responsable informatique est disponible. 

        Elle ne vérifie pas non plus si Madame la secrétaire générale revient lundi matin. 

        Elle entre, chiffre, bloque, vole parfois, puis présente la facture. 

        Le plus cocasse serait donc de découvrir, après trois semaines de vacances, que le seul service public resté ouvert sans interruption était celui du pirate informatique. 

        Voilà pourquoi l’été devrait être moins une saison de relâchement qu’un rappel de prudence , sauvegardes vérifiées, accès des agents absents contrôlés, comptes inutiles désactivés, authentification renforcée, mises à jour effectuées, prestataires joignables et procédures de crise connues. 

        Pas besoin de transformer le personnel communal en brigade de hackers. 

        Il faut simplement éviter de laisser la porte numérique grande ouverte avec une pancarte « Revenez en septembre ». 

        La République a le droit aux vacances. 

        Ses pare-feu, beaucoup moins. 

        Car pendant que les élus regardent le calendrier, les agents regardent la météo et que les mairies passent en horaires d’été, quelque part, un ordinateur affiche peut-être déjà une autre saison , celle de la chasse aux vulnérabilités. 

        Et dans cette étrange bataille estivale, une seule catégorie de travailleurs semble avoir obtenu la permanence absolue , les pirates informatiques.

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