Aller au contenu principal


⚠️ Prévision — 24 prochaines heures · (🇬🇵 Pointe-à-Pitre - Guadeloupe)
Données : mise à jour automatique toutes les 30 minutes.
💧 Qualité de l'eau potable
Vérification en cours...
Source : Hub'Eau / Saur Guadeloupe - la Carte de la qualité de l'eau en Guadeloupe
Chargement qualité air...

        CISJORDANIE — COLONISATION, NETANYAHOU JOUE-T-IL SA SURVIE SUR LE TERRAIN ?



        Cisjordanie, la tension ne se mesure plus seulement au nombre de soldats déployés ou de déclarations martiales , elle se lit dans les routes barrées, les terres confisquées, les violences de colons et les familles palestiniennes confrontées à une pression quotidienne. 

        Pendant que les dirigeants parlent de sécurité, de souveraineté et de lutte contre le terrorisme, le territoire continue, lui, de changer sous les yeux du monde. 

        Et c’est là que la politique devient presque une mécanique de théâtre , à quelques mois d’une échéance électorale, le gouvernement de Benjamin Netanyahu dépend toujours de forces politiques ultranationalistes et favorables à la colonisation.

         Difficile, dans ces conditions, de ne pas observer avec attention chaque décision concernant les implantations et le contrôle de la Cisjordanie.

         Attention toutefois à ne pas transformer une hypothèse politique en certitude , affirmer que Netanyahu agit uniquement pour conserver son pouvoir serait réducteur. 

        Mais constater que sa coalition repose en partie sur des responsables réclamant une politique toujours plus dure envers les Palestiniens relève simplement de l’observation politique. 

        Le problème est que cette alliance électorale possède une particularité assez embarrassante , ses conséquences ne restent pas dans les studios de télévision. 

        Elles s’inscrivent dans le sol. 

        Chaque nouvelle implantation, chaque avant-poste consolidé et chaque parcelle supplémentaire placée sous contrôle israélien complique davantage la perspective d’un État palestinien viable. 

        La colonisation avance parfois avec la lenteur tranquille d’un chantier municipal , un bâtiment aujourd’hui, une route demain, une décision administrative après-demain et, soudain, la carte n’est plus la même. 

        Les violences de colons constituent l’autre visage de cette dynamique. 

        Des Palestiniens sont attaqués, des propriétés incendiées ou détruites, des terres agricoles deviennent inaccessibles. 

        L’armée israélienne intervient parfois contre ces violences, mais les critiques dénoncent une protection insuffisante des Palestiniens et une impunité persistante pour certains auteurs. 

        La contradiction est saisissante , Israël affirme vouloir garantir la sécurité, mais la sécurité ne peut être durable lorsqu’une partie de la population vit sous la menace permanente d’une autre. 

        La sécurité à géométrie variable finit toujours par ressembler à une politique de domination.

         Netanyahu se retrouve ainsi devant une équation politique particulièrement délicate , satisfaire une droite nationaliste dont il dépend, préserver sa coalition, défendre sa stratégie sécuritaire et répondre à une pression internationale croissante.

         Tout cela alors que la question palestinienne demeure l’un des dossiers les plus explosifs du Moyen-Orient. 

        La satire, ici, s’écrit presque toute seule , on promet la paix en agrandissant les frontières du conflit, on invoque la stabilité en nourrissant les tensions et l’on parle de solution politique tout en rendant le territoire nécessaire à cette solution toujours plus difficile à réunir. 

        Pendant ce temps, les Palestiniens ne vivent pas dans les notes de bas de page des négociations diplomatiques. 

        Ils vivent sur cette terre. 

        Ils y travaillent, y cultivent leurs oliviers, y élèvent leurs enfants et voient parfois leur quotidien bouleversé par une décision administrative, une fermeture de route ou une attaque. 

        Le débat dépasse donc largement la personnalité de Netanyahu. 

        Il concerne une question fondamentale , un dirigeant peut-il préserver sa majorité politique en poussant toujours plus loin une politique territoriale dont les conséquences risquent de rendre toute paix future presque impossible ? 

        L’histoire du Proche-Orient rappelle une chose avec une ironie cruelle , les gouvernements passent, les élections passent, les slogans passent , les frontières, elles, ont la mémoire longue. 

        Et lorsqu’une politique transforme durablement le terrain, il ne suffit plus de changer de Premier ministre pour effacer les traces. 

        La véritable urgence n’est peut-être donc pas de savoir qui remportera la prochaine bataille électorale, mais de savoir ce qu’il restera à négocier lorsque la bataille politique sera terminée.

        Enregistrer un commentaire

        0 Commentaires

        Chargement...