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        Primaire du PS : quand les fauteuils résistent mieux que les idées



        Au Parti socialiste, la primaire devait ouvrir une fenêtre sur l’avenir. 

        Pour l’instant, elle donne surtout l’impression qu’un courant d’air traverse un vieux meuble politique. 

        La suspension de Philippe Brun, annoncée le 16 septembre en raison d’accusations de violence, place naturellement la présomption d’innocence au centre du débat , une accusation doit être examinée, pas transformée en condamnation anticipée. 

        Mais derrière cette affaire particulière se dessine une question plus large sur le fonctionnement des appareils politiques. 

        Car le véritable spectacle, depuis des années, n’est-il pas celui de fauteuils qui semblent posséder une étonnante capacité de résistance aux alternances, aux défaites et même aux promesses de renouvellement ? 

        Les dirigeants changent parfois de fonction, les intitulés évoluent, les congrès se succèdent, mais le mobilier institutionnel, lui, paraît remarquablement fidèle au poste. 

        À croire qu’au PS, certains fauteuils bénéficient d’un programme de fidélité , après quelques mandats, le siège offrirait peut-être une carte de membre à vie , plaisanterie, évidemment, mais qui dit quelque chose du sentiment d’entre-soi que peuvent éprouver les militants et les citoyens. 

        Le sujet n’est pas d’accuser sans preuve. 

        Il est de regarder avec lucidité les mécanismes d’un parti , réseaux internes, courants, négociations, carrières, investitures et rapports de force. 

        La démocratie interne ne devrait pourtant pas ressembler à une partie de chaises musicales où les mêmes joueurs connaissent déjà la place qui leur est réservée. 

        Une primaire devrait permettre aux idées de s’affronter, aux générations de se renouveler et aux militants de choisir. 

        Sinon, la rénovation politique risque de devenir ce drôle de meuble que l’on repeint régulièrement sans jamais déplacer les murs. 

        Le PS veut parler de transformation sociale , il lui appartient aussi de montrer qu’il sait se transformer lui-même. 

        Parce qu’une formation politique qui demande aux citoyens de tourner la page doit accepter, de temps en temps, de ranger ses propres archives. 

        Et si les fauteuils pouvaient parler, ils demanderaient probablement une seule chose , qu’on arrête de les rendre responsables de leur propre longévité.

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