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        MÉNARD ET BORLOO, le FACE À FACE : Faire marcher ce qui doit marcher



        Deux parcours, deux sensibilités, deux façons de regarder les mêmes fractures françaises. 

        Dans « Le Duel », Robert Ménard et Jean-Louis Borloo confrontent leurs analyses sur l’immigration, les retraites, le pouvoir d’achat, l’organisation de l’État et l’avenir des territoires. 

        Mais derrière les désaccords politiques, une question traverse le débat , comment faire fonctionner efficacement un système qui semble parfois produire davantage de procédures que de solutions ? 

         Sur l’immigration, les deux hommes ne partent pas du même diagnostic. 

        Robert Ménard défend une politique plus restrictive et évoque notamment les quotas. 

        Jean-Louis Borloo insiste davantage sur la capacité de l’État à appliquer ses propres décisions, notamment concernant les obligations de quitter le territoire français. 

        Deux approches différentes , agir davantage sur les flux pour l’un, améliorer l’exécution et l’organisation administrative pour l’autre. 

        Car une décision publique qui reste dans un dossier, aussi parfaitement classé soit-il, ne change finalement pas grand-chose dans la réalité. 

         Viennent ensuite les retraites, autre monument du débat politique français. 

        Vieillissement démographique, financement, durée de cotisation, âge de départ , chaque réforme remet sur la table la même équation. 

        Robert Ménard défend l’idée qu’il faudra probablement travailler plus longtemps pour tenir compte de l’évolution démographique. 

        Jean-Louis Borloo met davantage en avant la place des retraités dans l’économie et la société. 

        Derrière les chiffres et les slogans se trouve pourtant une réalité simple , il faudra financer durablement le système tout en préservant son acceptabilité sociale.

         Et cette équation-là ne se résout pas avec un simple tour de magie budgétaire. 

         Puis arrive le pouvoir d’achat, ce sujet qui n’a jamais besoin d’être invité pour entrer dans la conversation. 

        Les Français n’ont pas besoin d’un graphique compliqué pour constater la hausse du coût de la vie , il suffit parfois d’un passage en caisse. 

        Pendant que les responsables publics parlent de milliards, de réformes et de trajectoires économiques, les ménages, eux, font leurs comptes.

         Et la calculatrice, contrairement aux discours, ne connaît ni majorité ni opposition. 

         Mais le fil rouge du débat se trouve peut-être ailleurs , dans le fonctionnement même de l’État. 

        Complexité administrative, empilement des compétences, centralisation, multiplication des structures , Robert Ménard critique un système qu’il juge trop lourd , Jean-Louis Borloo défend davantage de responsabilités et de capacités d’action au niveau local. 

        Le paradoxe français est savoureux , on demande souvent à l’État de faire moins, mais surtout de faire mieux , de réduire les dépenses, mais d’assurer davantage de services , de simplifier les règles, mais de ne surtout rien oublier. 

         Le problème n’est donc pas nécessairement le manque de lois, de rapports ou de commissions. 

        La France sait produire des textes avec une remarquable endurance. 

        La vraie question est celle de l’exécution. 

        Qui décide ? 

        Qui finance ? 

        Qui agit ? 

        Dans quel délai ? 

        Et surtout , qui assume le résultat lorsque la machine administrative patine ? 

         C’est là que le titre du duel prend tout son sens.

         « Faire marcher ce qui doit marcher », avant d’inventer une nouvelle usine à gaz. 

        Car une démocratie efficace ne se mesure pas uniquement au nombre de réformes annoncées, mais à leur capacité à transformer concrètement la vie quotidienne , une décision appliquée, un service qui fonctionne, une administration qui répond, un territoire qui respire et un citoyen qui comprend enfin qui est responsable de quoi. 

         Ménard et Borloo proposent des lectures différentes de cette France sous tension. 

        Leurs désaccords sont réels, mais le débat fait émerger une interrogation commune , comment remettre de l’efficacité dans une action publique devenue difficile à lire pour ceux qui la financent et parfois difficile à piloter pour ceux qui la dirigent ?

         La politique française adore les grandes architectures. 

        Elle empile les niveaux, les dispositifs, les acronymes et les réformes comme si chaque problème méritait son propre classeur. 

        Mais à force de construire des machines administratives toujours plus sophistiquées, une question finit forcément par surgir , et si, avant d’ajouter une nouvelle pièce au moteur, on commençait simplement par vérifier pourquoi celui-ci ne tourne plus correctement ? 

         C’est peut-être là que se trouve le véritable sujet du face-à-face , moins de promesses de puissance, davantage de capacité à agir , moins de complexité, davantage de responsabilité , moins de discours sur le fonctionnement de l’État, davantage de résultats.

         Parce qu’au bout du compte, le citoyen ne demande pas forcément que la machine soit belle. 

        Il demande qu’elle fonctionne.

        Donc ,il fait appel aux Mécano de la République .


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        1 Commentaires

        1. Mrs, grandiose idée !

          Et, à mon humble avis, peut-être même la solution pour remettre la France sur les rails.

          Car au bout du compte, le citoyen ne demande pas que la grande machine républicaine soit rutilante, bardée de boutons et accompagnée d’un manuel de 800 pages.

          Il demande une chose beaucoup plus simple , qu’elle fonctionne !

          Alors, puisqu’il semble que la mécanique ait besoin d’un bon réglage, faisons appel aux Mécanos de la République , un peu d’huile dans les rouages, quelques boulons resserrés, et surtout moins de fumée qui sort du moteur.

          Parce qu’un pays n’a pas besoin d’une machine parfaite , il a besoin d’une machine qui avance.

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