Aller au contenu principal


Prévisions 24 h
💧 Eau potable
Vérification…
🌬️ Qualité de l'air
Chargement…


        Faut-il faire grève avec ceux qui ont contribué à mettre la France à genoux ?



        Faire grève est un droit. 

        Suivre les syndicats et les partis politiques qui appellent à la grève est un choix. 

        Les deux ne doivent jamais être confondus. 

         La question mérite d’être posée sans détour , faut-il descendre dans la rue aux côtés de syndicats et de partis politiques lorsque l’on considère que certains d’entre eux ont participé, par leurs choix, leurs revendications ou leurs responsabilités politiques, à la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui la France ? 

         C’est ici que commence le véritable débat. 

         Car il existe une curieuse mécanique dans la vie politique française , lorsque le pays va mal, certains responsables expliquent qu’ils n’y sont pour rien , lorsqu'une réforme déplaît, ils deviennent soudain les défenseurs du peuple  et lorsqu'une manifestation se prépare, les mêmes appareils politiques ressortent les drapeaux comme si l'histoire avait été soigneusement rangée dans un tiroir. 

         Mémoire courte, banderoles longues. 

         Mais soyons précis , les syndicats ne gouvernent pas la France et ne portent pas seuls la responsabilité de sa dette, de ses déficits ou de ses difficultés économiques. 

        Les gouvernements successifs et les majorités politiques portent une responsabilité beaucoup plus directe dans les décisions budgétaires et économiques. 

        Il serait donc intellectuellement facile, mais historiquement fragile, de mettre tout le monde dans le même sac. 

         La vraie question est ailleurs. 

         Pourquoi faudrait-il automatiquement soutenir une mobilisation simplement parce qu'elle est présentée comme « sociale » ? 

         Un citoyen peut être opposé à une réforme sans vouloir devenir le figurant d'une manifestation organisée par un parti politique. 

         Il peut défendre les salaires sans approuver le syndicat qui défile à ses côtés. 

         Il peut refuser une mesure gouvernementale sans donner pour autant un blanc-seing à ceux qui promettent de la remplacer par une autre politique dont le financement reste mystérieux. 

         Faire grève n'est pas signer un contrat d'adhésion.

         Voilà peut-être ce que l'on oublie. 

         Le droit de grève appartient au salarié. 

        Il n'appartient ni à la CGT, ni à la CFDT, ni à FO, ni à un parti politique, ni au gouvernement. 

        Les organisations peuvent appeler à la mobilisation , elles ne peuvent pas confisquer la conscience de ceux qui descendent dans la rue. 

         Alors oui, on peut faire grève sans marcher derrière un parti. 

         On peut même faire grève tout en disant aux organisations syndicales , « Je partage cette revendication, mais je ne partage pas votre bilan. »

         Et aux partis politiques  « Je suis dans la rue pour défendre mes intérêts, pas pour servir votre campagne électorale. » 

         Cette distinction est essentielle. 

         Car si une mobilisation populaire devient simplement une machine électorale, le citoyen risque de découvrir, au lendemain de la victoire éventuelle, que son mécontentement a été transformé en bulletin de vote. 

         Et là, miracle républicain , la banderole disparaît, mais les problèmes restent. 

         La France souffre aussi d'une autre maladie , la politique du « toujours plus » sans discussion suffisamment honnête sur le financement. 

         Plus de salaires. 

         Plus de services publics. 

         Plus de retraites. 

         Plus d'aides. 

         Plus de pouvoir d'achat. 

         Plus de fonctionnaires. 

         Plus de dépenses. 

         Très bien. 

         Mais qui paie ? 

         Et surtout , que sommes-nous prêts à réformer, à réduire ou à abandonner pour financer ce que nous souhaitons conserver ? 

         Cette question devrait être écrite en lettres géantes sur toutes les manifestations. 

         Car le courage politique ne consiste pas seulement à dire « non ». 

         Il consiste aussi à dire « voilà comment nous allons payer ». 

         C'est précisément pour cette raison qu'un citoyen peut légitimement se méfier des organisations qui ont parfois combattu des réformes nécessaires, défendu des intérêts particuliers ou participé à des stratégies politiques sans toujours présenter de solution durable. 

         Mais cette méfiance doit fonctionner dans les deux sens. 

         Ne faisons pas non plus semblant que les gouvernements successifs sont innocents. 

         La situation française est le produit d'une accumulation de décisions prises sur plusieurs décennies. 

        Droite, gauche, centre et différentes majorités ont gouverné à des périodes différentes. 

        Les responsabilités sont multiples et les erreurs ne portent pas toutes la même signature. 

         La France n'a donc pas été mise à genoux par un seul syndicat ou un seul parti. 

         Elle a été fragilisée par une accumulation de choix, de renoncements, de compromis, de dépenses, de réformes retardées et parfois de promesses politiquement séduisantes mais économiquement difficiles à soutenir. 

         Voilà pourquoi le citoyen devrait conserver une arme plus puissante que la pancarte , son indépendance. 

         Faire grève, si l'on estime la cause juste. 

         Ne pas faire grève, si l'on estime que la mobilisation est instrumentalisée. 

         Manifester sans adhérer. 

         Revendiquer sans se faire récupérer. 

         Critiquer le gouvernement sans applaudir automatiquement l'opposition. 

         Critiquer les syndicats sans mépriser les travailleurs. 

         Et surtout, refuser cette vieille comédie politique où chaque camp découvre les dégâts lorsqu'il se retrouve dans l'opposition et oublie miraculeusement son propre passé lorsqu'il revient au pouvoir. 

         La démocratie mérite mieux qu'un éternel jeu de chaises musicales. 

         Alors, faut-il faire grève avec ceux qui, selon nous, ont contribué à mettre la France à genoux ? 

         Pas nécessairement. 

         On peut partager une revendication sans partager le bilan de ceux qui la portent. 

         On peut défendre son avenir sans devenir le porte-drapeau du passé. 

         Et peut-être est-ce justement cela, aujourd'hui, la véritable indépendance citoyenne , ne plus choisir entre le gouvernement et les syndicats, entre la majorité et l'opposition, entre la droite et la gauche, mais choisir une cause, demander des comptes et exiger des solutions. 

         Parce qu'une grève peut arrêter un pays pendant quelques heures. 

         Mais aucune grève ne peut arrêter la facture. 

         Et la facture, elle, contrairement aux slogans, possède une mémoire remarquable.


        💬 Enregistrer un commentaire

        0 Commentaires

        Soutenir le projet
        Votre soutien contribue directement à faire vivre et évoluer Karibs Hebdo ,France Tourisme Info et leurs sous domaines. Il me permet de poursuivre ma formation en intelligence artificielle afin de développer moi-même les scripts et les outils des sites, en toute indépendance. Il participe également à renforcer la sécurité, l'optimisation des performances et le référencement (SEO), tout en améliorant continuellement le Portail Communautaire.
        Faire un don Soutenir le projet.
        Chargement...