Aller au contenu principal


⚠️ Prévision — 24 prochaines heures · (🇬🇵 Pointe-à-Pitre - Guadeloupe)
Données : mise à jour automatique toutes les 30 minutes.
💧 Qualité de l'eau potable
Vérification en cours...
Source : Hub'Eau / Saur Guadeloupe - la Carte de la qualité de l'eau en Guadeloupe
Chargement qualité air...

        POMPIERS en France : QUAND LE TERRAIN RÉCLAME DES ACTES, PAS DES DISCOURS



        Pendant que les incendies ravagent des hectares, une autre fumée commence à monter , celle de la colère des professionnels du feu. 

        Reçus par Laurent Nuñez, des pompiers ont une nouvelle fois exposé leurs difficultés et Stéphane Lessire, pompier et porte-parole du syndicat SUD, résume un malaise devenu difficile à masquer , « On doit poser des congés pour aller éteindre des feux de forêts. » 

        La formule fait sourire jaune. 

        Des hommes et des femmes mobilisés pour protéger les populations devraient parfois prendre sur leurs congés personnels pour pouvoir partir combattre les incendies ? 

        Voilà une situation qui pose une question beaucoup plus vaste , combien de réunions faudra-t-il encore organiser avant que les décisions suivent enfin les discours ? 

        Car depuis des années, le refrain est connu , reconnaissance, concertation, annonces, promesses ,puis retour au quotidien. 

        Sur le terrain, pourtant, les flammes n'attendent pas les arbitrages administratifs. 

        Les pompiers non plus. 

        Et lorsque l'État explique qu'il faut renforcer la résilience face au changement climatique et à la multiplication des risques, encore faudrait-il que les moyens humains, matériels et financiers suivent réellement. 

        Il serait également injuste d'oublier ceux qui participent directement à la protection des territoires , un grand merci à nos agriculteurs, qui entretiennent les paysages, ouvrent des accès, contribuent à limiter l'embroussaillement et peuvent eux aussi se retrouver en première ligne lorsque le feu approche des exploitations et des habitations. 

        La question dépasse donc largement le seul ministère de l'Intérieur. 

        Elle touche à notre conception du service public.

         Peut-être faudrait-il davantage écouter ceux qui connaissent la France non pas depuis les dossiers, les tableaux Excel et les réunions climatisées, mais depuis les routes départementales, les forêts, les villages, les exploitations agricoles et les casernes.

         Un homme ou une femme de terrain à la tête du service public ? 

        Pourquoi pas. 

        Un ministre de l'Intérieur qui connaît concrètement les contraintes opérationnelles ? 

        L'idée mérite au moins d'être débattue. 

        Car personne ne connaît mieux une difficulté que celui qui doit la résoudre les bottes dans la boue, le casque sur la tête et la population derrière lui. 

        La célèbre phrase de John F. Kennedy « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays »  conserve une force particulière lorsqu'on la regarde depuis une caserne de pompiers. 

        Mais elle pose aussi une question gênante , que peut demander la Nation à ceux qui donnent déjà énormément et que leur rend-elle en échange ? 

        Le citoyen paie ses impôts, ses taxes, ses cotisations et finance une administration publique censée fonctionner efficacement. 

        Il est donc légitime qu'il demande des comptes sur l'utilisation de l'argent public. 

        Mais attention aux raccourcis , les difficultés de l'État ne peuvent pas être expliquées uniquement par les « privilégiés » ou par une catégorie unique de fonctionnaires. 

        Le véritable problème est plus complexe , empilement administratif, dépenses publiques, organisation territoriale, choix budgétaires, procédures parfois kafkaïennes et manque d'anticipation peuvent se combiner jusqu'à produire une étrange machine où tout le monde semble travailler et où trop souvent, rien n'avance assez vite. 

        C'est peut-être là que réside la véritable hypocrisie dénoncée par certains , proclamer que la sécurité est une priorité nationale tout en laissant ceux qui assurent cette sécurité expliquer, année après année, qu'ils manquent de moyens, de disponibilité ou de reconnaissance. 

        Une République solide ne se mesure pas seulement au nombre de discours prononcés devant les caméras. 

        Elle se mesure à la capacité de protéger concrètement ses citoyens lorsque la forêt brûle, lorsque l'inondation arrive ou lorsque la catastrophe frappe. 

        Les pompiers ne demandent pas des médailles pour éteindre les flammes , ils demandent les moyens de faire leur métier. 

        Et pendant que Paris parle, le terrain, lui, continue de brûler. 

        La question n'est donc peut-être plus de savoir combien de fois les représentants de l'État vont recevoir les pompiers, mais combien de temps encore ils devront attendre avant que les paroles deviennent des décisions.

        Enregistrer un commentaire

        0 Commentaires

        Chargement...